Objectifs

En s’inspirant de l’expérience de Céline Alvarez à Gennevilliers, nos objectifs sont

  • Phase 1 (année scolaire 2015-2016) : Mise en place d’une salle de classe dédiée aux élèves de cycle 2 (CP puis CE1) où la manipulation, l’autonomie, la réussite et l’aspect concret des apprentissage fondamentaux seront mis en avant.
  • Phase 2 (année scolaire 2016-2017) : Installation d’une classe de CP avec ces modalités (pratique de classe, ambiance et matériel)
  • Phase 3 : Elargissement éventuel à d’autres classes

10 problèmes et difficultés pédagogiques

  1. Comment faire pour que nos élèves réussissent?
  2. Comment aider les élèves les plus en difficulté dans les classes tout en permettant à la majorité de progresser?
  3. Comment permettre aux élèves les plus avancés de ne pas gâcher leur potentiel (comment les “nourrir”?)
  4. Comment faire pour que les élèves aient du plaisir à apprendre?
  5. Comment créer un environnement de classe où les élèves peuvent collaborer et s’entraider?
  6. Comment développer la curiosité et la soif d’apprendre pour des concepts difficiles et abstraits des mathématiques?
  7. Comment développer l’autonomie de nos élèves? Leur patience? Leur goût de l’effort?
  8. Comment faire pour nos élèves aient et conservent des relations apaisées et sereines entre pairs et avec les adultes?
  9. Comment les aider à avoir confiance dans leurs capacités?
  10. Pour résumer, quels changements concrets et radicaux apporter à notre pratique ?

Une réponse à ces question/ L’inspiration du projet

L’expérience de Céline Alvarez en ZEP à Gennevilliers (voir le blog La maternelle des enfants)

Trois grands médecins – Jean Itard, Edouard Séguin puis Maria Montessori – ont, l’un après l’autre, posé les jalons successifs d’une recherche pédagogique scientifique, basée non pas sur des valeurs ou des idées, mais sur les grandes lois d’apprentissage et d’épanouissement humain. Pendant trois années scolaires (2011-14), Céline Alvarez a développé cette proposition grâce aux apports des sciences cognitives et de la linguistique française (pour l’apprentissage de la lecture). Cette recherche a eu lieu au sein d’une classe maternelle publique de Gennevilliers, en Zone d’Education Prioritaire et Plan Violence.

Les résultats obtenus dépendent directement de ces apports et ne sont en aucun cas garants des résultats d’écoles dites « Montessori », dont le cadre théorique et pédagogique diffère.

Dès la première année, les enfants ont assimilé spontanément, avec facilité et enthousiasme, les apprentissages proposés de façon sensorielle et progressive. Les tests scientifiques réalisés auprès des enfants l’ont confirmé. Lire, écrire ou comprendre les concepts clés des mathématiques ont été des conquêtes rapides et heureuses.

Développement des compétences cognitives

Dès la première année, les résultats ont dépassé les attentes ! Les tests, réalisés par le CNRS de Grenoble, indiquent que tous les enfants progressent plus vite que la norme. Ils l’ont par ailleurs largement dépassée en conscience phonologique, compréhension du nombre, précision visuomotrice, et ont augmenté de façon spectaculaire leur mémoire de court terme. Les enfants de Moyenne Section avaient tous, dès la fin de la première année scolaire, au moins un an (voire deux) d’avance en lecture.

Développement des compétences émotionnelles et sociales

Le travail et le suivi sont individualisés toute la journée, ce qui permet à l’enseignant de cibler les besoins spécifiques de chaque enfant et d’y répondre au bon moment. Cette individualisation favorise le développement de la personnalité et des potentialités de chaque enfant et permet d’éviter les situations d’échec. Tous les enfants sont placés en situation de réussite.

Par ailleurs, n’ont pas été constaté de compétition entre les enfants ; mais plutôt une émulation de groupe encouragée par la mixité des âges (3, 4 et 5 ans) et par les objectifs ambitieux que les enfants se fixaient (et atteignaient). La collaboration, le tutorat et l’entraide spontanés prenaient le pas sur la comparaison et la compétition.

De leur côté, les familles ont rapidement noté chez leur enfant une capacité nouvelle à se concentrer, une autonomie importante, des relations sociales apaisées, de l’autodiscipline, ainsi qu’une envie irrépressible de se rendre à l’école, même malades ! Dans un tel environnement, les enfants ont développé curiosité, volonté, créativité, confiance et estime de soi.

Entraînement des fonctions exécutives : premiers pas vers l’autonomie.

Dès son plus jeune âge, le jeune être humain traverse une période de développement rapide de ses fonctions exécutives. Il veut alors tout faire par lui-même – mettre ses chaussures, se verser à boire, se laver les dents, s’habiller, boutonner sa chemise, etc.

En effet, lorsqu’il fait seul, il exerce et développe ses fonctions exécutives : il garde en mémoire les différentes étapes et les organise pour atteindre un objectif ; il contrôle ses gestes ou les émotions inappropriées, et apprend à rester flexible, c’est à dire, à revoir sa stratégie en cas d’erreur. Mémoire de travail, Contrôle inhibiteur et flexibilité cognitive: Ces trois compétences sont fondamentales et souvent plus prédictives que le QI. Elles permettent à l’être humain de fonctionner, d’atteindre les objectifs qu’il se fixe.

Et, bonne nouvelle, pour aider l’enfant à développer ces compétences-socles, il suffit de lui permettre de faire par lui-même, en restant à ses côtés puis en s’effaçant progressivement. Rien de plus.

Le fonctionnement d’une classe doit par conséquent être basé sur l’autonomie des enfants et l’individualisation. Ce fut le cas dans la classe de Gennevilliers, tout l’environnement favorisait un accompagnement individualisé et l’autonomie progressive des enfants, et ce, toute la journée. Dès leur entrée dans la classe le matin, et jusqu’au soir, ils étaient invités à choisir eux-mêmes ce qu’ils voulaient faire et à le faire librement, autant qu’ils le souhaitaient, tout en respectant les règles – clairement explicitées – de vie collective.

Être autonome au sein de ce cadre structuré et structurant, a permis aux enfants d’épanouir pleinement leurs fonctions exécutives, et notamment, de façon spectaculaire, leur mémoire de travail. Et, nous l’avons vu, avoir de bonnes fonctions exécutives permet d’entrer plus facilement dans les apprentissages et de développer des relations sociales harmonieuses. C’est ainsi que les enfants de Gennevilliers sont entrés avec facilité dans les apprentissages fondamentaux et ont développé de grandes qualités sociales.

Maria Montessori

La pédagogue italienne Maria Montessori, fut d’abord médecin. En tant que pédagogue elle a étudié pendant 50 ans les enfants de milieux sociaux et culturels très défavorisés et en grande difficulté d’apprentissage. Elle s’intéresse aux enfants « anormaux » qui lui donneront l’occasion de mettre au point sa méthode d’enseignement qu’elle reprend et généralise à l’usage des enfants « normaux ». Elle élabore une pédagogie qui repose sur des bases scientifiques, philosophiques et éducatives. Elle utilise un matériel sensoriel et kinesthésique qui permettent l’acquisition de nombreuses compétences scolaires en mathématiques, lecture…

Le matériel sensoriel mis au point par Maria Montessori permet à l’enfant de distinguer, de préciser, de généraliser, du concret vers le concept et du concept vers l’abstrait. C’est un matériel scientifique qui répond au besoin de développement naturel de l’enfant.

Ce matériel est construit sur des données scientifiques presque universelles : tables de Pythagore, système décimal, etc. Il est indépendant de la culture de l’enfant. L’un des points essentiels de la pédagogie Montessori est d’encourager l’autonomie et l’initiative chez l’enfant, et ce, dès le plus jeune âge, d’une part pour faciliter et motiver ses apprentissages et d’autre part pour favoriser son développement en tant que personne. Maria Montessori part du constat selon lequel la motivation de l’enfant pour apprendre est naturelle. Par exemple, il cherche à ramper, puis à se mettre debout, puis à marcher. Mais, il vient également volontairement vers l’adulte quand il veut de l’aide. Maria Montessori préconise de suivre cette démarche naturelle pour l’enseignement. L’adulte fait une démonstration puis laisse l’enfant reproduire l’opération tout seul.

On résume généralement cela par la phrase bien connue de Maria Montessori : « Aide-moi à faire seul ».

Les principaux moyens employés en pédagogie Montessori pour favoriser l’autonomie sont :

  • l’attitude de retrait de l’éducateur/enseignant qui laisse l’enfant expérimenter seul et est donc libéré pour accompagner et aider d’autres élèves qui en ont besoin.
  • l’utilisation du matériel sensoriel et progressif que l’enfant peut manipuler seul et avec plaisir ;
  • la possibilité d’autocorrection offerte par la quasi-totalité de ce matériel ce qui permet à l’élève de constater son erreur et de la corriger seul sans l’intervention de l’adulte. L’adulte est à nouveau libéré pour aider d’autres élèves.